Mémoires de Paf: chapitre 2 (1669-1972)

Mémoires de Paf: chapitre 2 (1669-1972)
La rentrée des classes a été, aux dires de mes parents, difficile pour moi. J'ai eu beaucoup de mal à accepter de passer une partie de la journée sans ma mère. J'y étais habitué pour mon père qui travaillait et mes frère et s½ur qui allaient à l'école. La seule personne que je n'avais pratiquement jamais quitté les trois premières années de ma vie, c'était ma mère. Et, allez savoir pourquoi, alors que c'était finalement un peu pour tous les enfants de mon âge la même chose difficile à vivre, j'étais un de ceux qui avaient le plus de mal à m'y faire! Aujourd'hui encore, je me demande pourquoi: il ne me semble pas que j'ai été plus choyé par ma mère que la plupart des autres enfants.
Enfin, rassurez-vous, cela ne m'a pas empêché de m'amuser comme tout le monde à l'école et à évoluer comme tout le monde. En cette première année d'école, j'ai eu deux principaux copains: un garçon et une fille. Le gars, bien qu'on se fréquentait de moins en moins au fil du temps, est resté dans ma classe une bonne dizaine d'années! Il s'appelait François et je sais (et je me souviens assez bien) que, pendant les trois/quatre premières années d'école, on était très liés et on s'amusait bien avec des jeux plus originaux les uns que les autres. Quant à la fille, elle nous suivait tout le temps, jouait tout le temps avec nous, peut-être par amour pour l'un de nous deux, mais a malheureusement déménagé loin de chez nous en juin 1671. On aura quand même joué ensemble deux ans durant et j'en garde un bon souvenir (bien qu'il soit forcément assez flou). Depuis, je ne l'ai jamais revue. J'ai même fini par l'oublier. Elle s'appelait Nathali.
D'autres copains s'ajoutaient à ces deux principaux, mais je ne peux l'affirmer que parce qu'on me l'a raconté. On me parle souvent de ceux qui sont passés quelque fois à la maison, comme Lucien, Ive, Pière, Vanille et Claude. Je n'ai en tête que leurs visages, grâce aux photos de classe.

En classe, justement, j'étais un élève assez sage, sans problème. Je me souviens seulement d'une fois où j'avais insulté l'institutrice. C'était en fin d'E.D.3. Elle nous expliquait qu'après les grandes vacances, on reviendrait ici pour enfin apprendre à lire. Enervé (Je suppose), je lui ai crié: <<Moi, je sais déjà lire, connasse!>>. Plusieurs questions me viennent à l'esprit à chaque fois que je me ressasse ce souvenir. D'abord, où ai-je appris ce mot si peu employé à l'époque et beaucoup plus blessant que maintenant? Ce n'était sûrement pas à la maison! A l'école, alors? Je ne vois que ça comme possibilité. D'autre part, pourquoi j'ai dit ça? J'étais peut-être dans un moment où je voulais montrer à toute la classe que j'étais grand et que je savais parler à des adultes et comme des adultes. N'empêche, c'est bizarre! D'autant plus que c'était faux: je ne savais pas lire à cette époque! J'ai commencé à apprendre la lecture en septembre 1672, à six ans, comme tous ceux de mon âge!
En tous cas, je me souviens bien que la maîtresse ne s'était pas laissée faire, qu'elle avait prévenu mes parents et que ces derniers ne m'ont pas fait de cadeau. Normal! Toujours est-il que, depuis, j'ai toujours évité d'être grossier. Ca m'est quand même arrivé, mais rarement.
Ce souvenir est donc l'un des premiers vraiment précis que j'ai toujours conservé.
Puis, est venu le temps des devoirs à la maison. Aïe!

Photo: Près de chez moi, probablement pendant le mois de novembre 1670, en compagnie de mes inséparables compagnons de jeu: François et Nathali.

# Posté le dimanche 25 mars 2007 16:47

Mémoires de Paf: chapitre 1 (1666-1669)

Mémoires de Paf: chapitre 1 (1666-1669)
Je suis né à l'hôpital de Ville-de-Ré, commune de près de cent mille habitants, située pas très loin de Frédoville, la capitale. Je suis le dernier des trois enfants. A ma naissance, mon frère Rogé était en E.D.3 (équivalent de la troisième année de maternelle) et ma soeur Jeanne n'était pas encore scolarisée, ce qui sera chose faite en septembre de cette année-là.
Mon père, Môrice, était professeur d'économie au lycée de Ville-de-Ré. Quant à ma mère, Martine, elle ne travaillait pas. Auparavant, elle était attachée de presse. Du jour au lendemain, sachant qu'elle allait avoir son premier enfant, qu'elle voulait se consacrer à lui à plein temps et qu'elle souhaitait avoir d'autres enfants après, elle démissionna.
Mes parents se sont rencontrés lors d'un voyage organisé, en 1656. Très vite, mais pas immédiatement, ils se sont plus. Leur mariage a eu lieu deux ans après, à Frédoville. Ma mère est en effet originaire de la capitale et sa famille y était installée depuis quelques générations. Mon père n'a pas eu à faire un long trajet pour aller se marier: il habitait à huit kilomètres de chez elle quand ils se sont rencontrés... lors d'un voyage.

Ma naissance s'est très bien passée, je vous rassure. Je sais que ça n'avait pas été le cas de mon frère, qui s'en est sorti in extremis. Je ne peux pas vous en dire plus: lui-même ne veut ni en parler, ni en entendre parler.
Au risque de vous décevoir, ma première année de vie s'est passée sans événement particulier et, de toute façon, je ne me souviens de rien.
Mon plus lointain souvenir est celle d'une étagère qui, mal fixée, était tombée juste à côté de moi. Rien de cassé, mais j'ai eu très peur. Normal pour un enfant de cet âge-là. Il faut dire que mon père avait tout amménagé dans la maison. La plupart de mobilier, c'est lui qui l'avait installé, voire fabriqué. Le problème, c'est qu'il n'était pas très bon en bricolage et c'est vraiment du bol si peu de choses ne se sont cassées la figure!
Bref, ceci est mon premier souvenir. Mais, après quelques recherches et quelques questions posées à ma mère, j'en suis arrivé à la conclusion que j'avais plus d'un an lorsque ce "drame" est arrivé. Ca devait être dans les alentours de 1668 ou 1669.
1669, c'est d'ailleurs l'année où, en septembre, j'entame ma scolarité. C'est là que ça devient intéressant!

Photo: A l'hôpital, le lendemain de ma naissance; mon père me porte fièrement et mon frère demande à en faire autant.
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# Posté le mardi 23 janvier 2007 17:11

Modifié le samedi 27 janvier 2007 04:59

Mémoires de Paf: introduction

4 janvier 1666, ma naissance.
Je précise pour mes amis humains que, dans le monde dans lequel je vis, notre calendrier a un "retard" de trois cents ans. En gros, si je parle de 1666, traduisez par 1966.
Je suis donc né en 1666 (ou 1966). Ca y est, j'ai eu quarante ans, cette année.
Ca ne nous rajeunit pas, comme on dit.
Moi, en tous cas, ça m'a donné envie de revenir sur les vingt premières années de ma vie.
Pourquoi seulement les vingt premières années? Parce que j'estime ne pas encore avoir assez de recul pour parler le plus honnêtement possible des vingt dernières.
Celles-là, j'en parlerai quand j'aurai soixante ans, en 1726 (2026 pour les humains, donc).
Voilà, donc je m'y mets. Je ne suis pas sûr que ça intéressera tout le monde, vu que ma vie n'a pas eu un parcours incroyable (sauf le fait d'être devenu un héros de B.D. à trente-cinq ans). J'en parle quand même, parce que j'en ai envie (sans savoir pourquoi).
Passons donc au chapitre 1, en commençant par le début.

# Posté le samedi 09 décembre 2006 09:34

Complément du site

Complément du site
Bonjour à tous!
En complément du site officiel de ma bande dessinée (absolument Paf et Pouf), voici le blog de ces deux personnages: Paf et Pouf.
Qu'y aura-t-il?
Eh bien, en gros, vous trouverez des scénarios d'histoires que j'ai dessinées et d'autres choses. La question est encore à l'étude.
Par contre, je peux vous annoncer que, dès ce week-end, vous découvrirez les mémoires de Paf, l'un des deux héros principaux de ma B.D., à raison d'un article de ce blog par chapitre. Pour ce qui est de la régularité, je ne vous promts rien, mais je ferai des efforts pour vous livrer régulièrement les pages de souvenirs de notre ami Jean Paf!

Bonne lecture!
Frédo

# Posté le samedi 09 décembre 2006 09:21